SYSTAIME FÛ Subversif Aka M BORRAS
FRENCH TRASH TOUCH LOWTECH
France | 2005 | Color | Web-Art

Entre auto-fiction, clichés pornos, et cartes postales urbaines sociales, les travaux de Michaël Borras aka SYSTAIME nous invitent à un zapping aussi jouissif que brutal.Son humour dévastateur et provocant fait littéralement exploser les limites de la pratique artistique,abolit les frontières entre les arts et construit un lien définitif entre l'art et la vie.Il effectue un minutieux travail de sape des catégories de l'art par un rejet systématique des institutions et de la notion d'œuvre d'art. Ses vidéos déstructurent les mythes populaires et la toute puissance médiatique à coup de filtres expressionnistes et de bandes sons décalées.Sur l'écran ses courts prennent une autre dimension.La pixellisation à outrance n'est plus un aléa technique, mais un choix esthétique.L'artiste mixe, colle, entrechoque, déforme son materiau pour faire surgir de nouvelles significations et mener avec virtuosité et finesse le spectateur vers de nouvelles sensations. Loin d'imposer une vision,il tente de questionner le spectateur vers une réflexion.La narration docu-intimiste distanciée et décalée,les références ludiques, l'habileté de cette mise en scène et en espace,sont les signes du talent de son créateur,et font de lui un des rares à pouvoir réellement prétendre au titre de web-artiste. "Un petit questionement vaut mieux qu'une grande réponse d'ailleurs je ne l'ai pas la réponse)! Le créateur propose et le spectateur dispose ! L'histoire que je me raconte au moment de la création c'est ma cuisine, il faut laisser une place énorme à la créativité du spectateur, lui laisser avoir sa propre linéarité sa propre vision ses questionnements."Systaime exploite aussi la matiére la laissant conserver sa propre existence aux travers "d'accidents" numériques (les encodages répétés, les bugs, le souffle sonore...).Les contraintes numériques deviennent un choix esthétique.

A D

«J'ai commencé par la peinture, nous confie-t-il. Puis progressivement je me suis mis à concevoir des installations, à exposer des images fixes, pour aboutir inexorablement à la vidéo. Depuis maintenant trois ans son travail est diffusé sur www.systaime.com. Le site qu'il a conçu et qu'il anime. Mais on est ici bien loin de la simple vitrine. Le web est devenu pour moi mon médium, mon outil de travail, mon instrument. Grâce à lui j'ai mon autonomie, il est en lui-même à la source de ma création. Cet activiste s'approprie la gigantesque anarchie d'images et d'informations dont regorge le web pour pratiquer un copié-colllé subversif à l'humour ravageur. Mon point de départ, c'est de me considérer comme un simple spectateur. Mais je considère le spectateur comme créatif. L'idée c'est que chacun trouve sa place, son positionnement. Je cherche une sorte d'interactivité. Au centre de son esthétique la musique tient une place toute particulière. Mes bandes sons sont construites comme des bootlegs, avec des samples ou fichiers midis trafiqués.Mon objectif est de créer une ambiance!Lorsqu'il associe la voix de Mireille Mathieu chantant je suis une femme amoureuse alors qu'une obscure porn star écarte les jambes, le spectateur fait à la fois face à une pièce comique et à un vrai moment de poésie. La force de Systaime, réside peut-être avant tout dans cette faculté à faire surgir les paradoxes propres à nos environnements qu'ils soient intimes ou médiatiques. Une conversation entre potes, un type masqué de cuir embrassant un pied, des images de Paris aussi sobres que ternes, tout est bon pour nous laisser dans nos propres contradictions. Voilà une subversion utile et subtile à déguster le 10 juillet au Bato avec un mix vidéo inédit et une projection conçu comme une anthologie de son travail.. »

Guillaume Léglise
(Batofar Juillet 2003) .

« Humour et gravité, ironie et implication se mêlent constament, donnant au spectateur l'agréable sensation d'une distance juste, d'un recul volontaire et déterminé du créateur face aux signes qu'il manipule.

Loin du Finalcuter bordélique qui juxtaposerait des giga-octets de données au hazard, chaque clip se justifie par sa pertinence souvent doublée d'une redoutable puissance expressive. De l'étiquette Dada-Situ-Punk-Online qu'on lui collerait à tort, cette démarche garde au moins le mérite (rare) de donner lieu à une expression subversive incontestable. Une subversion réelle, absolue : les images sont pulvérisées, les sons détournés, les sens du spectateur retournés.

Entre frissons et rires, le spectateur traverse un chaos savamment organisé, de sens et de significations. Toutes les images de notre environnement contemporain sont les astéroïdes de cet univers de signes qui s'offre à nous, comme après un big bang créatif.L'habileté de cette mise en scène et en espace est le signe du talent de son créateur, et fait de lui un des rares à pouvoir prétendre au titrede web-artiste. »


S.Bender. (Repérages Mars 2002)
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SYSTAIME est un mot valise qui résonne comme une identité cosmopolite, faussement simple. Une complexité binaire qui témoigne sur l’E-monde à sa manière tendre et irrévérencieuse. Derrière la Matrice, derrière la Machine, derrière le Chaos électronique se cache un Artisan, dans sa plus noble acception. Le Net est son laboratoire. SYST-AIME. Littéralement, SYSTEME + AMOUR = alchimie créative. SYSTAIME arrive comme une incidence imprévue dans la Mécanique.

Il sème son trouble ; affectif, olfactif, dynamique, coloré, pluriel, il surfe sur son époque. DADA à l’heure du numérique. Avènement d’une nouvelle ère pixellisée. Kitch, transhumance des focales, énergie ininterrompue en questionnement.

Dans la petite histoire de la grande Histoire du Net Art, Michaël Borras aka SYSTAIME a une place de choix. SYSTAIME ne se partage pas une part du gâteau existant, il invente un nouveau gâteau surprise. Une cosmogonie immédiate.

Humour polymorphe, provocation à neutron jamais vaine, SYSTAIME est un agissant du nouvel Art, un précurseur sans autre bannière que sa voix propre et originale. Singeant la société de l’information la détournant à loisir entre attentats subtils, grotesques, tendancieux et drôles qui sonnent du sens et réflexion profonde.

Avatar de lui-même, jouant de sa propre images, de celles des autres et des conventions, volant en mouvements la vie de ses autochtones.

Lubrique attitude captative des circonvolutions contemporaines. SYSTAIME arpente le bitume dégénératif de la tragédie humaine, inscrit son nom comme un néon clignotant dans la chronologie des comportements artistiques.

Au théâtre de l’impossible, SYSTAIME offre un spectacle sans fin, sans règle établie, son œil est le metteur en scène, ses écrans les réceptacles de ses visions intuitives. Behind the SYSTAIME se cache l’homme, l’inventeur d’une esthétique qui va nous accompagner, nous révolter, nous surprendre et nous révolutionner encore longtemps.

SYSTAIME est un électron libre. Il y a fort à parier qu’il le restera.

Frederic Vignale (Le Mague Octobre 2004) . .

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